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Stéphane Larue Stéphane Larue


Dans les yeux d'Olivier reviendra le 20 septembre sur France 2 pour la saison 6


Publié le Jeudi 1 Septembre 2016 - modifié le Jeudi 1 Septembre 2016 - 23:27


Dans les yeux d'Olivier reviendra le 20 septembre sur France 2 pour la saison 6
Alors qu’il prépare déjà les dix prochains films qui composeront la 7e saison de Dans les yeux d’Olivier, Olivier Delacroix revient sur les trois derniers inédits de la saison 6. Des numéros où il pose, avec délicatesse et empathie, un regard atypique sur notre société et sur les Français. Avec son sens tout particulier de l’écoute et son intérêt profond pour ceux qu’il rencontre, il va chercher les mots là où les épreuves et les traumatismes de la vie les ont emprisonnés. Avec tact, gentillesse et délicatesse, il rend la parole plus dense, plus libre.

Entretien avec Olivier Delacroix :

Dans Précaires, la tête haute et Réfugiés pour survivre revient l’expression « dépasser sa zone de confort » dans les propos de vos témoins. De quelle manière, vous, dépassez-vous votre zone de confort ?

Justement en ayant choisi de traiter de sujets comme la précarité ou ceux qui ont fui la guerre. Avec Repentis, que vous découvrirez aussi à la rentrée (avec le témoignage incroyable de David Vallat, un ex-djihadiste) on s’inscrit dans la lignée des films qui ont donné à notre programme Dans les yeux d’Olivier la résonance que l’on connaît aujourd’hui. Entendez par là, qu’à l’évocation de ce titre Repentis on s’imagine déjà découvrir une histoire et un récit poignants et c’est le cas, croyez-moi, ce film a quelque chose d’incroyablement surprenant que cela soit par l’histoire de ces hommes repentis, mais aussi par leur personnalité hors du commun. Mais même si chaque numéro reste pour nous un challenge à réaliser, j’ai eu le sentiment de sortir de ma zone de confort en m’intéressant à la précarité et aux réfugiés, tant il est difficile d’aller sur ces terrains en évitant la facilité, le caricatural, ou le dénigrement des systèmes responsables de cette précarité, et au final de se retrouver avec un film médiocre, à écouter des propos mille fois entendus.

Ce que je ne voulais surtout pas, et ce que je craignais. Je suis un angoissé et peut-être que mes peurs peuvent paraître disproportionnées, mais je sais qu’elles m’aident à ne jamais être sûr de moi, et que je me remets en permanence en question face à un nouveau sujet. C’est ça se mettre en situation d’inconfort... (sourires). J’ai pour ambition de proposer des films qui interpellent, interrogent. Où le téléspectateur peut se mettre, pourquoi pas, à la place de l’autre en se demandant comment il aurait agi en pareille situation, quel comportement il aurait adopté. Bouger les consciences de ceux qui nous regardent et les amener à poser un autre regard sur ceux qu’on appelle les invisibles… Des hommes, des femmes, des enfants que l’on croise mais que l’on ne voit pas.

Que l’on ne regarde pas car eux-mêmes se sentent déjà ne plus exister… qui tentent chaque jour de s’en sortir, de subsister, tout en restant dignes et exemplaires. Un boulot déjà à plein temps !!! À l’arrivée, je trouve ces films lumineux et pleins d’espoir. Les personnes que vous y entendrez sont des héros.

Dans ces trois films, il est aussi question de main tendue...

Effectivement, mais elles sont plus rares que les bonnes intentions. L’intelligence des personnes qui ont vécu cette situation est d’avoir su saisir une opportunité, car bien souvent elles ne sont pas là à quémander de l’aide, elles font plutôt appel au système D. J’ai rencontré des gens admirables par leur courage, leur ingéniosité, leur capacité à se reconstruire. Au passage, on ne peut que saluer la démarche de celles ou ceux qui se cachent derrière ces mains tendues. Il y a quelque chose d’éblouissant dans leur geste. Ces histoires sont aussi pour moi celles d’une reconstruction, où chacun tente de faire fi d’un passé qui lui colle à la peau, qui se rappelle à lui à chaque étape de sa reconstruction. Un thème finalement récurrent dans notre programme. Mais n’est-ce pas là l’essence même de notre existence ? Plus on avance dans la vie, plus on s’aperçoit qu’on peut construire et démonter ce qu’on a construit pour mieux le reconstruire après.


L’autre point commun de vos trois films est d’être en lien avec l’actualité. Rééditerez-vous l’expérience ?

Indéniablement, quand les thèmes s’y prêteront. Avoir traité ces trois sujets en lien avec l’actualité m’a fait prendre conscience qu’on pouvait de temps à autre s’intéresser à des sujets moins intemporels, tout en conservant le principe de l’émission qui est d’écouter les autres se raconter. Bien évidemment, dans le cas présent, mon positionnement n’a pas été à l’identique des autres numéros. Il m’était impossible de faire abstraction de ces milliers de personnes contraintes à l’exil dont on nous parlait à chaque JT, des actes terroristes odieux qui ont endeuillé la France et le reste du monde, ou des inégalités toujours plus flagrantes entre les plus pauvres et les plus riches... Il ne faut pas regarder bien loin autour de nous pour se rendre compte combien nous sommes privilégiés d’avoir un toit, un travail, de quoi nous nourrir ou nous soigner sans galérer. Je crois que les témoins de ces films rappelleront à beaucoup la fragilité de ce que l’on appelle « le bohneur ».
 



















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