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Emmanuelle Cosse répond au Petit Journal: "Je n'accepte pas que mon choix soit caricaturé de manière outrancière


Publié le Samedi 12 Mars 2016 - modifié le Samedi 12 Mars 2016 - 17:31


Après son altercation avec le Petit Journal concernant le cumul des mandats, Emmanuelle Cosse a tenu à répondre à l’émission dans un long message sur Facebook : 

Un reportage tourné le 19 février dernier, et diffusé vendredi 12 mars, montre une altercation entre moi et un journaliste du Petit Journal de Canal +. S'il est légitime de la part d'une émission humoristique de mettre en scène des questionnements sur les élus, voire un peu d'emportement que j'assume comme élément de mon franc-parler, je tiens à apporter un certain nombre de précisions, dont je regrette qu'elles n'aient pas été prises en compte par mon interlocuteur.

Un mandat d'élu d'opposition n'est pas une fonction exécutive

Etre élue d'opposition, ce n'est pas être membre d'un exécutif local; c'est extrêmement différent en termes de pouvoir de décision comme de temps nécessaire à l'exercice du mandat, tout élu en conviendra. Je le sais d'autant plus que j'ai exercé les fonctions de Vice-Présidente de cette Région, la plus importante de France.

En conséquence, ma situation n'est en rien en contradiction avec la loi sur le cumul qui entrera en vigueur en 2017; je respecte la charte du gouvernement et l’engagement du Président de la République, qui veut que les ministres ne cumulent pas leur fonction avec un mandat dans un exécutif local (maire, maire-adjoint, président ou vice-président de Conseil départemental ou de Conseil régional).

Même la grille de limitation des cumuls de mon ancien parti EELV (puisque j’ai appris au passage par la presse que j’en avais été radiée, sans aucun respect des procédures internes), engagé depuis toujours pour la limitation du cumul des mandats, fait cette distinction et ne considère pas comme situation de cumul le fait d'occuper une fonction nationale et un mandat local non-exécutif. Ainsi, je respecte également les règles de non-cumul du parti le plus engagé sur cette question.

LPJ a par ailleurs repris mes propos, tenus en janvier dernier dans l'hémicycle du Conseil régional d'Île-de-France, concernant le fait que plusieurs vice-présidents de la Région cumulent leur mandat avec un mandat national (parlementaire). J’assume parfaitement ces propos : le fait qu'un tiers des membres d'un même exécutif aussi important assument par ailleurs une fonction parlementaire constitue un affaiblissement important de cet exécutif par rapport aux responsabilités qui lui incombent.

A quand un véritable statut de l'élu-e- local-e ?

J'aurais trouvé éclairant et intéressant que LPJ qui s'intéresse en général à dénoncer les contradictions, prenne en compte une information souvent ignorée : alors que quand un député devient membre du Gouvernement, son suppléant le remplace et il retrouve son mandat à la fin de sa fonction de ministre, alors que de même un fonctionnaire retrouvera son poste à la fin de sa fonction, rien n’est prévu pour le remplacement de celles et ceux qui détiennent un mandat d’élu local et sont appelés au gouvernement (il en va de même pour les salariés du privé). Il n’y a donc aucune solution pour quitter son mandat tout en assurant le respect du choix politique des électeurs dans la continuation de ce mandat.

Je ne pense pas pour ma part - et je ne pense pas que c'est ce que pourrait préconiser LPJ - que cela constituerait un renforcement de la démocratie et de la représentativité du gouvernement d'en limiter l'accès aux seuls parlementaires et fonctionnaires.

J’ai toujours milité pour la limitation des mandat politiques, en nombre et dans le temps (3 mandats successifs). Car je crois profondément que la vie politique a besoin d’éthique et de règles qui permettent à tout citoyen d'exercer un mandat. C’est d’un vrai statut de l’élu-e dont nous avons besoin, qui permette des passages de la vie professionnelle à la vie politique et inversement, de façon à limiter la "professionnalisation" de la vie politique, facteur d'éloignement entre citoyens et élu-e-s.

Même s'il est légitime que des questions soient posées - et vous remercie d'une certaine façon de m'avoir donné l'occasion d'y répondre - j'estime ne déroger en rien à ces principes.

Je souhaite continuer à défendre une certaine vision de la Région Île-de-France, faite de solidarité, d’écologie et de partage, et c’est pour cette raison que je continuerai à mener mon mandat d’élue locale. Je pense que c'est particulièrement utile à un moment où sont menacées de grandes politiques sociales à la Région Ile-de-France.

On peut être en désaccord avec mon choix mais je n'accepte pas qu'il soit caricaturé de manière outrancière et malhonnête.


CE QU'IL S'EST PASSE : 

Emmanuelle Cosse
a perdu patiente face au journaliste du "Petit Journal" qui lui rappelle qu'elle s'opposait au cumul des mandats juste avant d'être ministre dans le gouvernement de François Hollande.

Elle lance au Petit Journal : "Je ne cumule pas de mandats, merde à la fin ! Non, je ne joue pas sur les mots, c'est vous qui ne comprenez pas !"

Pour rappel : 

Lorsque que François Hollande était candidat à la Présidentielle, il avait dit : "Moi, président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local. Parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche".

Et Emmanuelle Cosse était d'accord avec lui avant qu'elle soit Ministre : "Je ne crois pas que l'on peut bien exercer son mandat dans cet exécutif en ayant d'autres obligations de ce niveau-là"

La vidéo est à voir ci-dessus
 
 

















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