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Epilation intégrale, taille du pénis… enquête sur l’impact de la pornographie


Publié le Jeudi 24 Avril 2014 - modifié le Jeudi 24 Avril 2014 - 18:54


Une semaine après avoir communiqué les premiers résultats de son enquête sur la consommation de pornographie en ligne, l’Ifop publie aujourd'hui un second volet portant sur l’influence de la pornographie dans les pratiques sexuelles et corporelles des Français. Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 021 personnes, cette enquête réalisée pour Tukif.com, le leader des sites pour adultes francophones, confirme  l’intégration des codes et scénographies de la pornographie aussi bien dans le répertoire sexuel des Français que dans leur rapport au corps.  

Les chiffres clés

Omniprésente dans l’univers X, l'épilation intégrale s’avère de plus en plus répandue chez les jeunes filles
 
- Les résultats de l’étude confirment le développement de l'épilation intégrale chez l’ensemble des Françaises (14% s’épilent complètement) et tout particulièrement chez les jeunes : près d’une fille sur deux de moins de 25 ans (45%) est épilée intégralement.
 
- Et si l’on additionne toutes les formes d’épilation impliquant un rasage des poils autour des lèvres (maillot intégral, ticket de métro, maillot brésilien avec épilation des poils sur les lèvres), la proportion de femmes épilées de « près » monte à 22% chez l’ensemble des Françaises et à 56% chez les jeunes de moins de 25 ans. 

- Sur ce point, les jeunes filles se distinguent nettement du reste de la gent féminine mais leur comportement ne fait en réalité que s’aligner sur les goûts des hommes du même âge : près des deux tiers des hommes de moins de 25 ans (63%) préférant que leurs compagnes optent pour un type d’épilation où les poils des lèvres sont rasés.

Zoom sur le profil des Françaises pratiquant l’épilation intégrale

Les caractéristiques des femmes ayant le pubis complètement nu (14% en moyenne) sont particulièrement intéressantes à observer. Présentant un profil beaucoup plus jeune et populaire que la moyenne, elles se distinguent par une vie sexuelle plus diversifiée et plus intense que le reste des Françaises.

En effet, cette forme d’épilation omniprésente dans les films pornos s’avère particulièrement répandue :
 
- Chez les jeunes femmes : la moitié des filles de moins de 25 ans (45%) et un quart des femmes de 25 à 34 ans (26%) sont épilées intégralement, contre à peine 6% des femmes de plus de 35 ans. C'est donc dans les générations où la consommation de porno est la plus élevée que cette pratique est la plus forte.
 
- Chez les Françaises ayant un niveau social et culturel inférieur à la moyenne : les femmes dotées d’un certain capital social, économique ou culturel semblant mieux à même de résister à la pression des fantasmes masculins en la matière que celles ne disposant que d’un capital physique ;
 
- Chez les femmes les plus affranchies de la morale religieuse : un tiers des athées (32%) sont épilées intégralement, contre 8% des catholiques occasionnelles et à peine 2% des catholiques pratiquantes.
 
Mais il est intéressant de relever que les adeptes de l’épilation intégrale se distinguent aussi par :
 
- Une activité sexuelle plus intense que le reste des Françaises : un quart des femmes ayant plus de 3 rapports par semaine (25%) est complètement épilée, contre 17% des femmes en ayant moins d’un par semaine et à peine 5% de celles n’en ayant aucun ;

- Une vie sexuelle plus diversifiée que la moyenne : ces femmes sont d’autant plus nombreuses qu’elles ont eu beaucoup d’amants au cours de leur vie, ce qui tend à conforter l’idée selon laquelle l’effet de pression de la gent masculine croit plus le nombre de partenaires masculins est élevé.

- Un penchant plus marqué pour la pornographie : ce phénomène s’avère aussi lié au visionnage de films X si l’on en juge par la forte proportion d’adeptes de l’épilation intégrale chez les femmes en visionnant régulièrement : 41%, contre 4% chez celles ne surfant jamais sur un site porno.

- Si l’épilation intégrale du maillot reste une pratique encore limitée dans l’ensemble de la gent féminine, elle s’est largement diffusée chez des jeunes pour qui le sexe glabre vu dans les films X s’impose de plus en plus comme la norme du corps féminin désirable aux yeux des hommes.
 
Les films X peuvent être aussi générateurs de complexes pour le jeune public masculin
 
- Si les Français maintiennent une certaine distance entre la réalité et la plastique « hors norme » présentée dans les films X, la vue d’organes masculins  surdimensionnés peut s’avérer anxiogène dans les catégories les plus jeunes de la gent masculine.
 
- En effet, plus d’un tiers (34%) des jeunes de moins de 25 ans admet avoir déjà été complexé sur la taille de son pénis en regardant un film porno, soit une proportion beaucoup plus forte que dans le reste de la gent masculine.

- De même, si la majorité des hommes (56%) et des femmes (63%) estime que la taille du pénis ne joue pas un rôle important dans le plaisir féminin, ce n'est pas le cas des garçons de moins de 25 ans qui, très majoritairement (61%), pensent le contraire.

Une intégration des pratiques issues de l’univers du X dans le répertoire sexuel des Français

Près d’un Français sur deux (47%) ayant déjà visionné un film pour adulte a tenté de reproduire des positions ou des scènes vues dans des films pornographiques, soit une proportion en nette progression par rapport à 2009 (40%).
 
- Cette évolution est particulièrement visible dans la gent féminine si l’on se fie à l’augmentation du nombre de femmes admettant avoir déjà reproduit des positions vues dans un film porno : 38% en 2014, contre 29% en 2009. Cette tendance à reproduire les scénographies de la pornographie est aussi particulièrement forte chez les moins de 25 ans (60% ont déjà reproduit une position vue dans un film X), et ceci aussi bien chez les filles (53%) que chez les garçons (64%).

- La proportion de Français ayant cherché à pimenter leur vie de couple en filmant leurs ébats reste limitée (11%) mais elle a fortement progressé en quelques années : le nombre de Français passés de l’autre côté de la caméra a presque doublé par rapport à 2009 (6%).

Le point de vue de l’Ifop


La consommation de pornographie en ligne est devenue un phénomène de masse dont l’impact sur la sexualité des Français ne se limite pas qu’au visionnage passif d’images pornographiques.

Source de fantasmes et de diversification du plaisir conjugal, cette forme de production culturelle influence directement la vie sexuelle des Français : la forme de leurs rapports mais aussi de leurs organes sexuels semblant de plus en plus influencée par les codes et les scénographies de la pornographie.

Indissociable d’un univers pornographique qui l’a popularisée ces dernières années, la pratique de l’épilation totale des poils pubiens illustre plus que toute autre l’influence de la culture porn et notamment sa capacité à imposer ses représentations du corps aux catégories les plus jeunes de la population.

















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