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Stéphane Larue Stéphane Larue


Ifop : Le porno, ses adeptes et leurs complexes…


Publié le Mardi 15 Avril 2014 - modifié le Mardi 15 Avril 2014 - 19:55

Enquête sur la consommation de films X sur Internet et son influence sur les pratiques corporelles et sexuelles des Français


Ifop : Le porno, ses adeptes et leurs complexes…
Huit ans après le lancement des premiers sites de vidéos pornos en streaming, le leader des sites pour adultes francophones, Tukif.com, a souhaité en savoir plus sur les usages et les goûts des Français en matière de pornographie mais aussi sur l’incidence que celle-ci peut avoir dans leurs représentations du corps et de la sexualité.

Basé sur un business model inédit dans ce milieu (le “crowdfunding”), ce site participatif a donc commandé à l’Ifop une enquête faisant le point sur l’évolution de la consommation de pornographie en ligne et son influence sur les pratiques corporelles et sexuelles des Français(e)s.

Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 021 personnes, cette enquête révèle entre autres que la généralisation de la fréquentation des sites X s’est accompagnée d’une intégration des codes et scénographies de la pornographie aussi bien dans le répertoire sexuel des Français que dans leur rapport au corps. 

Les chiffres clés

Une extension de la consommation de pornographie en ligne depuis le milieu des années 2000 

  • Le nombre de Français à avoir déjà surfé sur un site pornographique au cours de leur vie a progressé de manière continue au cours des 10 dernières années, passant de 17% en 2005 à 39% en 2009 pour s’élever désormais à 60%.
 
  • Et pour les personnes qui en ont déjà vu, le visionnage de films pornos est loin d’être exceptionnel… Au contraire, près d’un sur quatre (24%) en visionne de manière hebdomadaire et plus d’un sur trois (39%) en regarde au moins une fois par mois.
 
Une intégration des pratiques issues de l’univers du X dans le répertoire sexuel des Français

  • Près d’un Français sur deux (47%) ayant déjà visionné un film pour adulte a tenté de reproduire des positions ou des scènes vues dans des films pornographiques, soit une proportion en nette progression par rapport à 2009 (40%).
 
  • La proportion de Français ayant cherché à pimenter leur vie de couple en filmant leurs ébats reste limitée (11%) mais elle a fortement progressé en quelques années : le nombre de Français passés de l’autre côté de la caméra a presque doublé par rapport à 2009 (6%).
 
Des films pornographiques qui peuvent être générateurs de complexes aussi bien chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes  

  • Un homme sur trois de moins de 25 ans (32%) admet avoir déjà été complexé sur la taille de son pénis en regardant un film porno et près du double (61%) estime que la taille du pénis joue un rôle important dans le plaisir féminin.
 
  • Omniprésente dans l’univers X, l'épilation intégrale est, elle, de plus en plus répandue chez les jeunes filles : la moitié des filles de moins de 25 ans (45%) et un quart des femmes de 25 à 34 ans (26%) sont épilées intégralement.
 
Le point de vue de l’Ifop
 
Avec l'avènement de la vidéo en streaming, la généralisation du haut débit et la multiplication des sites gratuits, la consommation de pornographie en ligne est devenue un phénomène de masse dont l’impact sur la sexualité des Français ne se limite pas qu’au visionnage passif d’images pornographiques.

Certes, elle constitue encore pour beaucoup une pratique solitaire, largement associée à une activité masturbatoire et étroitement corrélée à un manque d’activité sexuelle (notamment pour ces adeptes les plus réguliers). Mais c'est en tant que source de fantasmes et de diversification du plaisir conjugal que cette forme de production culturelle influence le plus la vie sexuelle des Français : la forme de leurs rapports mais aussi de leurs organes sexuels semblant de plus en plus influencée par les codes et les scénographies de la pornographie.

Indissociable d’un univers pornographique qui l’a popularisée ces dernières années, la pratique de l’épilation totale des poils pubiens illustre plus que toute autre l’influence de la culture porn et notamment sa capacité à imposer ses représentations du corps aux catégories les plus jeunes de la population.





















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