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L'Ifop publie un sondage sur les Français et l'infidélité à l'heure de l'affaire Gayet


Publié le Mardi 21 Janvier 2014 - modifié le Mardi 21 Janvier 2014 - 18:17


En France, l’infidélité est loin d’être une pratique marginale… Les résultats français de l’Observatoire européen de l’infidélité montrent au contraire une banalisation des comportements extraconjugaux dans une société française où plus d’un homme sur deux (55%) et près d’une femme sur trois (32%) admettent avoir déjà été infidèles au cours de leur vie.
 
Observateur des différentes formes d’extra-conjugalité, Gleeden.com a souhaité en savoir plus sur la manière dont l’infidélité est aujourd'hui perçue, pratiquée et vécue en France et dans les principaux pays européens. Le site de rencontres extra-conjugales a ainsi commandé à l’IFOP une grande enquête européenne dont il diffuse les résultats français à l’occasion de la publication du « Petit traité de l’infidélité ». Riches en surprises et en enseignements, les résultats de cette enquête confirment, entre autres, la hausse continue des comportements extraconjugaux au cours des 40 dernières années.
 
 Un essor des différentes formes de comportement extra-conjugal
  
 La proportion de Français ayant déjà été infidèles au cours de leur vie a progressé de manière continue au cours des 40dernières années, passant de 19% en 1970 à 30% en 2001 pour s’élever désormais à 43%.
 
   Aujourd'hui, plus d’un homme sur deux (55%) et près d’une femme sur trois (32%) admettent ainsi avoir déjà fait l’amour avec une autre personne que celle avec laquelle ils étaient en couple, soit des niveaux nettement supérieurs à ceux qu’on pouvait observer chez les hommes (30%) et les femmes (10%) au début des années 70.
 
   Dans le détail des résultats, on observe que les catégories les plus âgées (66% des hommes de plus de 50 ans) et les plus aisées (53% des hommes CSP+) de la gent masculine se distinguent par une plus grande expérimentation des comportements extra-conjugaux.
 
 
Mais si on a une vision plus large de l’infidélité – au-delà de la transgression du seul principe d’exclusivité sexuelle –, la proportion de Français s’étant livrés à une forme d’extra-conjugalité est encore plus élevée. 
 
 
   Si l’on ne s’en tient qu’aux actes impliquant un contact physique, c'est ainsi près d’un Français sur deux (46%) qui a déjà embrassé quelqu'un d’autre que son partenaire. Et ils sont aussi nombreux (50%) à admettre s’être déjà livrés à un jeu deséduction à caractère adultérin, sachant que 30% d’entre eux sont allés jusqu’à échanger des messages coquins (ex : sms).
 
 
   Naturellement, si l’on prend en compte les formes d’infidélité « psychique » ou « fantasmatique », les scores sont encore plus élevés. Ainsi, 3 hommes sur 4 (76%) et 2 femmes sur 3 (67%) ont déjà rêvé de faire l’amour avec quelqu'un d’autre que leur partenaire et un tiers des Français (32%) a déjà eu un rapport en pensant à une autre personne que son partenaire.
 
 
 Un Français sur deux (49%) déclare d’ailleurs avoir été lui-même victime d’infidélité : les femmes étant un peu plus nombreuses (53%) que les hommes (45%) à penser à avoir été trompées par un de leurs conjoints.
 
 
  Les victimes d’aventures extraconjugales s’avèrent en surnombre dans certains pans de la population comme les habitants de la région parisienne (66%), les femmes actuellement célibataires (63%) et celles appartenant aux catégories supérieures (68% chez les cadres, indépendantes ou professions intellectuelles supérieures).
 
  Tendant à croître avec l’âge et le nombre de partenaires sexuels rencontrés au cours d’une vie, la proportion de personnes ayant été trompées est ainsi particulièrement élevée chez les femmes de plus de 65 ans (62%) et chez les personnes affirmant une part d’homosexualité (61% chez les bis et les homosexuels).
 
 Plus d’un Français sur trois (35%) déclare qu’il pourrait être infidèle s’il était sûr que personne ne soit un jour au courant.
 
 
  Cette disposition à avoir une aventure extraconjugale est nettement plus forte dans la gent masculine (43%) que féminine(27%) mais elle croît aussi beaucoup avec l’âge : de 20% chez les jeunes de moins de 35 ans, elle monte en effet à 32% chez les personnes âgées de 35 à 49 ans et à 46% chez celles âgées de 50 ans et plus.
 
   Plus fort à gauche (46%) qu’à droite (40%) de l’échiquier politique, ce penchant pour l’infidélité varie aussi beaucoup en fonction du niveau social – il est deux fois plus important chez les CSP + (58%) que chez les CSP – (29%) – et de l’orientation sexuelle : « bis » et « homos » (53%) étant beaucoup plus ouverts que les hétérosexuels (34%) à ce type d’expérience. 
 
La fidélité, une notion aux contours flous qui n’est plus aussi pérenne que dans le passé
 
 Où commence l’infidélité ? Si les Français s’accordent sur ses limites en termes de relations physiques, ils sont plus partagés sur sa délimitation en termes d’exclusivité « psychique » ou sentimentale.
 
   Un certain consensus se dégage en effet autour de l’idée que l’infidélité commence avec un contact physique avec une autre personne que son partenaire  et ceci qu’il s’agisse de relations sexuelles – régulières (88%) ou exceptionnelles (85%) – mais aussi d’échanges buccaux (62%) ou bucco-génitaux (84%) :  2  femmes sur 3 estimant ainsi qu’ « embrasser, c'est tromper ».
 
   L’avis des Français sur les autres formes d’extra-conjugalité est en revanche plus partagé : si 57% d’entre eux considèrent qu’échanger des messages coquins est une forme d’infidélité,  ils sont moins d’un sur deux à le penser pour ce qui est des jeux de séduction (45%) ou de fantasmes comme le fait de faire l’amour en pensant à une personne que son partenaire (41%). 
 
 L’infidélité : une définition qui tend à se rigidifier et s’inscrit dans des cadres très différents selon le genre
 
   On n’observe pas pour autant une plus grande acceptation de l’extra-conjugalité. Au contraire, la vision de l’infidélité tend plutôt à se rigidifier si l’on en juge la proportion croissante de Français considérant comme tel l’échange d’un baiser (62%, contre 54% en  2009) ou d’un message coquin (57%, contre 44% en  2009) avec quelqu'un d’autre que son partenaire.
 
 
   Dans le détail des résultats, on observe aussi que les femmes ont une conception de l’infidélité plus rigide que les hommes en ce qui concerne les actes impliquant un contact physique (ex : baiser, rapport ou jeux sexuels) ou la manifestation de son intérêt pour une autre personne que son partenaire (ex : échanges de message, jeu de séduction informel).
 
 Si la norme de fidélité continue de régir le cadre conjugal des Français, ils sont de moins en moins nombreux à croire au principe « d'une éternelle fidélité »
 
   En effet, si une majorité de Français (68%) croit encore possible de rester fidèle toute une vie à la même personne, leur nombre a sensiblement baissé depuis le milieu des années 70, et ceci tout particulièrement dans la gent féminine où il est passé de 86% en 1976 à 69% en 2014. 
 
   On observe aussi la progression de l’idée selon laquelle « il est possible d’aimer quelqu’un tout en lui étant infidèle » : près des deux tiers (63%) des Français vivant actuellement en couple partagent ce point de vue, contre 53% en 2010. Notons toutefois que la plupart d’entre eux ont un avis nuancé sur le sujet : 44% considérant que « cela dépend des circonstances ».
 
Si une majorité de Français conserve une vision assez normative de la sexualité conjugale – fondée sur le principe d’exclusivité sexuelle entre partenaires, cette étude atteste du fait qu’une proportion croissante des personnes en couple ne limitent plus leur sexualité à la sphère conjugale. Depuis la fin des années 60, on observe donc un recul continu du couple comme espace de réalisation de la sexualité dans le cadre d’un mouvement plus large de diversification des trajectoires sexuelles mais aussi des manières dont les individus donnent sens à leur sexualité . 
 
Toutefois, cet essor des expériences extraconjugales ne s’accompagne pas d’une acceptation sociale croissante des comportements sortant du cadre conjugal. Au contraire, dans un contexte de crise où la fidélité est plus que jamais valorisée, on n’observe pas un recul de la tolérance à l’égard des aventures extraconjugales, notamment chez les femmes qui ne les admettent plus autant qu’à l’époque où elles étaient majoritairement dépendantes financièrement. Un des principaux enseignements de l’enquête tient d’ailleurs dans la perception toujours différenciée de la fidélité entre hommes et femmes : ces dernières acceptant toujours beaucoup moins ces « écarts de conduite » que les hommes.
 
De même, si on observe une réduction du fossé entre les sexes en matière d’expériences extra-conjugales – l’essor de l’infidélité féminine est une tendance de fond de ces dernières décennies, notamment dans les catégories les plus aisées –,  l’extra-conjugalité reste encore un phénomène majoritairement masculin.

















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