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Stéphane Larue Stéphane Larue


Madeleine Besson à l'assaut de l'amour, même le votre...


Publié le Mardi 11 Mars 2014 - modifié le Mardi 11 Mars 2014 - 10:37


Madeleine Besson à l'assaut de l'amour, même le votre...
Une voix qui monte à l'assaut. À l'assaut du sentiment, à l'assaut du sort, à l'assaut de l'amour. Une voix blues, rock, vraie. Une vois taillée pour les petits clubs et les grands espaces, pour les fureurs et les abandons, pour les éclats et les confidences.

Madeleine Besson est cette voix, jaillissant de l'écrin guitare-basse-batterie comme la pierre précieuse s'arrache à la terre.

The Walker est le premier album d'une jeune femme qui l'a mûri longuement. Les chansons avaient essayé des costumes différents, du violoncelle soyeux, des percussions chatoyantes, des paliers d'arôme pesés méticuleusement... Et l'évidence s'est imposée : Madeleine Besson appartient à cette fraternité des Janis et des Aretha, qui ne brident pas la force de la voix et la vigueur des mots. Donc, elle envoie. « J'ai envie de défendre ce côté rock », dit-elle tout droit.

Ses chansons ne se glissent pas sous les portes, pliées en quatre dans une enveloppe de soie. Elles tonnent, elles emportent, elles bouleversent. Du rock, vous dit-on. Dublues comme les filles en France n'en osent pas, de la soul charnelle et cosmique comme on croyait que la formule en était perdue.

L'album s'est enregistré très vite, dans l'énergie de la scène. Une production live avec aux manettes David Coulter qui, des Pogues aux aventures rock de Bob Wilson ou de Tom Waits et aux dernières créations de Damon Albarn en passant par Arthur H, sait concilier urgence et intelligence. 

Tout naturellement, Madeleine glisse de l'anglais au français, du français à l'anglais. Enfance aux Etats-Unis, école bilingue quand elle revient en France à l'âge de sept ans, vie en plusieurs langues, culture multiple... Elle a baigné dans cette culture. Mais pas seulement.

Car Madeleine est une enfant de la balle. Sa mère est la cinéaste Coline Serreau et son père, le metteur en scène Benno Besson, qui créa le Berliner Ensemble avec Bertolt Brecht. Tous ses frères ou cousins, en France comme en Allemagne, sont artistes. Elle seule chante ainsi : « Il n'y a que dans la musique que j'arrive à m'exprimer aussi bien. » Pourtant, le public l'a découverte à dix-huit ans, justement dans la comédie Dix-huit ans après de Coline Serreau. Elle était Marie, le jeune héroïne turbulente et vive. Mais elle n'a pas voulu être comédienne.

La musique était trop bien ancrée. « On m'a mis un violon entre les mains à deux ans. Je n'en avais pas du tout envie. Ça a été une bataille. J'ai commencé à l'aimer vers douze ans, quand j'ai commencé à avoir un bon vibrato. Je ne suis pas malheureuse que l'on m'ait forcée. » Si elle a fait un stage Shakespeare à la London Academy of Music and Dramatic Art, l'essentiel de son éducation artistique est musicale. Outre le violon, il y a le piano puis le chant lyrique à partir de quinze ans. Après le bac, elle enchaîne l'école de Didier Lockwood et la Bill Evans Piano Academy en France, puis repart aux Etats-Unis où elle suit les cours de la New-York University for Jazz and Contemporary Music. « Je n'ai rien vu de la ville. La journée, j'étudiais ; le soir, je jouais dans les clubs. »

Elle est née à la chanson avec ce double cursus : d'excellents professeurs et de multiples expériences, beaucoup de leçons et énormément de rencontres. Pendant des années, elle travaille sur partitions et tape le boeuf, étudie les grandes oeuvres classiques et compose dans son coin, dissèque les grands ancêtres et joue dans les bars... La double maîtrise du bagage savant et de l'humble réalité du métier.

Dans les studios d'enregistrement, elle apprend à diriger une séance et à contrôler un mix en composant et en enregistrant des bandes originales de film et des musiques de scène, alterne les démos à petits moyens et le confort des belles commandes... Et surtout, elle fait de la scène. Tantôt au premier plan, tantôt à l'arrière. Elle essaye des compositions personnelles au milieu des reprises et apprend comment conquérir un public et ne plus le lâcher - une histoire de partage, d 'énergie, de coeur, de désir. Elle est tombée à neuf ans dans le chaudron à mélodies des Beatles. « J'ai des goûts assez old school, mais larges », confirme-t-elle en énumérant Otis Redding, Etta James, les Black Keys, Ray Charles, Led Zeppelin, Elmore James, Pink Floyd...

Madeleine assume volontiers d'appartenir « à la génération Y, celle qui est née entre deux générations, assise entre deux chaises - beaucoup de rêves. Je suis utopiste et très concrète. »
C'est ce à quoi ressemble son album, entre insolence et douceur, ferveur et sentiment, explosion et caresse. Un autoportrait. Une révélation. 

Bertrand Dicale

Voir le clip Madeleine Besson - The Walker


















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