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Stéphane Larue Stéphane Larue


Richard Galliano - VIVALDI - Découvrez la vidéo de l'enregistrement!


Publié le Mercredi 20 Mars 2013 - modifié le Mercredi 20 Mars 2013 - 18:08


Richard Galliano - VIVALDI - Découvrez la vidéo de l'enregistrement!
L'accordéon est posé sur le canapé de l'appartement parisien de Richard Galliano. Un Victoria 1963 de la célèbre marque italienne de Castelfidardo, cadeau de sa grand-mère. Comme un fil conducteur, il accompagne Richard Galliano depuis maintenant 50 ans. Que ce soit avec Wynton Marsalis, Barbara, Bach ou aujourd'hui Vivaldi, ce Victoria de 63 a toujours été là. Richard Galliano ne peut pas concevoir de jouer avec un autre instrument, car il est un prolongement de lui-même.

Si Richard Galliano est aussi fidèle, c'est parce que ce Victoria l'a accompagné dans tous ses répertoires, toutes ses aventures.

« Il n'y a pas de cassure entre Bach, Rota, Barbara, Vivaldi ».

L'autre fil conducteur, c'est cette poésie que Richard Galliano a su trouver dans la chanson, puis exprimer, quand il était aux côtés de Barbara, bien sûr, mais aussi Nougaro et Reggiani. « Cette dimension poétique je l'ai au fond de moi, et ça ressort toujours, quoi que je joue ».

Pourtant, Richard Galliano ne s'est pas lancé dans cette aventure des Quatre Saisons sans une certaine appréhension. Tant de versions ont déjà été enregistrées. Immédiatement s'est imposée la nécessité de conserver le quintet à cordes du disque Bach, comme un écrin qui met l'accordéon en situation et en fait un instrument baroque. Richard Galliano se souvient qu'à l'adolescence il jouait des extraits des Quatre Saisons, et qu'il voulait alors être l'orchestre à lui tout seul. C'était une épreuve de virtuosité, mais il manquait justement cet écrin du classique.

Quelques décennies plus tard Richard Galliano a choisi l'épure. « C'est cela ma maturité. Chercher aujourd'hui beaucoup plus la simplicité. Avec cet enregistrement j'ai encore plus réalisé que ce qui est beau sur l'accordéon c'est parfois de jouer avec un seul doigt, avec un son très pur, très effilé qui donne beaucoup de poésie et d'émotion ». C'est d'ailleurs dans les Largo et les Adagio qu'il a choisi d'utiliser ces sons les plus purs. Un son de flûte qu'il considère comme étant l'âme de l'accordéon. « Ces passages lents, j'aurais tendance à les préférer à l'accordéon. On arrive à un son plus plaintif, moins flamboyant qu'avec le violon » ajoute Richard Galliano.

La rencontre entre les Quatre Saisons et l'accordéon est aussi une évidence. D'un côté l'un des morceaux les plus connus et joués de la musique classique, de l'autre un des instruments les plus populaires. Rien d'étonnant pour Richard Galliano que ces Quatre Saisons soient à ce point aimées du public.

« Les thèmes sont construits comme des chansons : des cellules mélodiques simples, répétitives et développées. C'est une musique optimiste. Même dans le concerto L'Hiver. Il finit avec beaucoup d'énergie, beaucoup d'espoir avec un fragment très virtuose. L'Hiver c'est très beau, l'hiver de la vie aussi » dit en souriant Richard Galliano. Ces Quatre Saisons, il les voit d’abord comme les saisons de la vie. Une question d'âge et de maturité.

Si vous écoutez avec attention le premier mouvement de L'Hiver, justement, vous entendrez le souffle du vent, qui est en fait celui du clapet d'air de l'accordéon. Quand Richard Galliano étudiait, il s'amusait de temps en temps avec ce clapet, en imaginant la mer et le vent, sans songer à l'utiliser un jour. C'était sa récréation. De même vous entendrez, discret, le bruit des touches. Richard Galliano n'a pas cherché à les estomper. Au contraire, il imagine que ce sont les pas sur la neige ou le cliquetis des glaçons.

Pour préparer cet enregistrement Richard Galliano a écouté des dizaines de versions. Spontanément il cite Giuliano Carmignola, « magnifique, très flamboyant », mais aussi Gidon Kremer, Anne-Sophie Mutter ou encore une version dirigée par Herbert von Karajan, « beaucoup plus installée, calme ». « A un moment donné, j'ai tout oublié, mais j’ai bien reçu toutes les informations de chacune des interprétations ». Jusqu'au moment où Richard Galliano s'est approprié l'oeuvre pour cette version inédite, à la fois poétique, subtile et précise, dans une recherche constante de la simplicité. « Dans les arrangements il faut écrire, mais aussi beaucoup gommer pour faire sortir l'essentiel » conclut-il.


















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